Eléments sur la place de la religion dans la société ténébrane.

Publié le par DiAsturien

Si elle apparaît peu en première lecture, la religion, traitée de manière assez atypique dans l’œuvre de MZB, reste une clef importante de compréhension de l’œuvre.

 

La religion en tant qu’institution est sur Ténébreuse réduite à sa plus simple expression. Le culte des quatre – Avarra, Evanda, Aldones et Zandru – n’est institutionnalisé à aucun niveau et ne compte en particulier ni clergé, ni services religieux. Seul le culte minoritaire du Saint-Porteur de Fardeaux est organisé, à travers le monastère de Nevarsin. Le monastère cristoforo, outre sa démarche purement religieuse, exerce vis-à-vis de la société ténébrane un double rôle 200px-Sword_of_aldones.jpgde conservation du savoir à travers ses archives, et d’éducation à travers le noviciat que suivent de nombreux jeunes comyns. Sur ces deux fonctions dévolues dans de nombreuses société au religieux, il faut cependant nuancer le rôle, finalement annexe, de Nevarsin : le noviciat est considéré comme une forme d’éducation utile mais aucunement indispensable, et une forme comme une autre de se « débarrasser » pour quelques années d’enfants dont on ne sait quoi faire (on peut tout aussi bien les envoyer chez un cousin) ; la conservation écrite du savoir quand à elle ne correspond pas à la culture ténébrane, très largement orale. Bref, les archives de Nevarsin sont utiles, aucunement indispensables.

Le rôle habituellement rempli par les institutions religieuses est sur Ténébreuse le fait des Tours. Celles-ci assurent un rôle de centre intellectuel, de conservation du savoir, de formation et de recherche sur les pouvoirs psy – et même de fait un rôle politique - très important pour les élites ténébranes.

 

La conséquence directe de cet état de fait est l’absence totale d’enjeu politique ou de pouvoir autour de la religion. Les cristoforos sont reconnus mais n’ont aucune place dans la vie politique de Ténébreuse [1]. Il n’y a pas non plus de conflits entre religions : la foi dominante n’a aucune logique de conquête ; et si les cristoforos n’auraient pas refusé d’étendre leur culte, ils n’ont jamais osé braver ouvertement l’autorité des comyns. Il n’existe pas d’avantage de conflit entre pouvoir laïc et religieux, et pour cause, vu l’inexistence de ce dernier.

 

On connaît également peu de choses sur ce qui est des croyances. On ne sait pas comment le ténébran moyen vit ses croyances au quotidien, et à la limite, même pas si il les vit.

 

 

Et les divinités ?

 

Les croyances religieuses autour du culte des quatre constituent également des références à une réalité concrète. Les Dieux constituent à un certain niveau une réalité du point de vue des forces psy. Outre l’aspect religieux, les divinités sont présentées, du point de vue des pouvoirs psy, comme des forces élémentaires, réelles et tangibles ; inhérentes à l’existence du Laran. Il s’agit de forces très peu contrôlables, et qu’il est nécessaire de gérer au « moins pire », comme l’illustre le terrible épisode de Sharra. En parallèle, ces forces sont probablement une clef pour comprendre la spécificité et la capacité extraordinaire de résistance de la culture ténébrane face au débarquement des terriens.

 

On observe une sorte de mélange curieux dans la présentation des pouvoirs psy entre un côté technique et scientifique, et une facette autour des croyances. On retrouve ces deux faces dans la définition même de ce qu’est un comyn : côté croyance, il s’agit des descendants et descendantes d’Hastur, côté « concret », il s’agit à l’origine des membres de la société ténébrane dotés de pouvoirs psy. On peut les considérer comme une sorte de caste religieuse, d’autant plus qu’ils sont les seuls à célébrer de fait le culte des quatre, et à avoir accès aux sites religieux.

 


 

 [1] sauf peut-être dans le gouvernement de la ville de Nevarsin, sur lequel on a absolument aucune piste.

Publié dans Croyances et religions

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