Croyances et religions (III): le culte Cristoforo

Publié le par Ténébreuse - MZB

Le culte du Saint Porteur de Fardeaux, plus connu sous le nom de culte des cristoforos, est le culte monothéiste de Ténébreuse. Il est beaucoup moins répandu que le culte des quatre. Néanmoins, présent dès les origines, il occupe une place particulière dans la vie des domaines.

 

 

Les origines 

 

Les ténébrans eux-mêmes ne connaissent pas les origines historiques du culte de Saint-Valentin et se reposent uniquement sur diverses légendes. En revanche, d’après les recherches menées par plusieurs institutions terriennes après la redécouverte, Saint-Valentin serait en fait le père Valentin de l’ordre de Saint-Christophe du Centaure, aumônier catholique du vaisseau de colons originel. Il est certain que le culte cristoforo présente des analogies avec la religion chrétienne.

 

 

La religion cristoforo comme institution : Le monastère de Saint-Valentin des neiges.

 

« Il leva les yeux sur le monastère perché dans la montagne ; solide et sur, forteresse autant que refuge, […] il était le conservatoire de la connaissance, s’opposant aux destructions du temps et des hommes. ».

[Le père Cerreno (L’ombre, in L’Alliance)]

 

Le cœur de la religion Cristoforo se trouve à Nevarsin, au monastère de Saint-Valentin des Neiges. Le monastère, « taillé dans la pierre » se trouve au sommet de la ville, à la limite des neiges éternelles. Il constitue l’unique lieu institutionnel et le centre de la religion cristoforo. Interdit aux femmes et aux non croyants, il dispose cependant d’un pavillon des visiteurs ou l’on fait du feu toute l’année et ou  les femmes sont admises.

L’abbé du monastère, ou Père supérieur, constitue, à supposer que cette conception existe, l’unique autorité supérieure du culte. En dehors du père supérieur, secondé par la hiérarchie interne du monastère (maître des novices, frère hôtelier notamment), il n’existe à notre connaissance aucune autorité du culte, seulement des frères et des novices dans l’ordre.

 

 

Les croyances et le culte

 

« Puisse le saint porteur de fardeaux bénir votre voyage et le protéger. »

 

La doctrine cristoforo est réputée pour porter des valeurs de paix, de discipline, de sobriété et de tempérance. On peut noter que, contrairement au culte des quatre, la doctrine cristoforo refuse les relations homosexuelles.

 

Concernant le culte, on peut faire la distinction entre les rites au monastère et le culte cristoforo pour les simples croyants sur les domaines.

Au monastère, sont mentionnées de longs services religieux à plusieurs reprises dans la journée, des processions, des chants de cantiques, la présence de cloches résonnant à toute heure du jour et de la nuit… Les moines, ou frères, sont soumis à une stricte discipline : vétus de robes de bure, souvent – systématiquement ? - pieds nus y compris dans la neige. Les moines de Nevarsin sont connus pour développer par un biais inconnu une résistance au froid proprement exceptionnelle, même pour Ténébreuse. Dans la ville de Nevarsin, sont mentionnées  des statues du prophète ou du dieu cristoforo : le porteur de fardeaux, en robe de bure avec l’enfant saint sur les épaules , la tête surmontée d’une auréole représentant peut-être une planète ou un soleil.

Hors de Nevarsin, il n’existe pas de services réguliers [ou du moins ceux-ci ne sont jamais mentionnés], et la religion ne semble pas beaucoup plus organisée que le culte des quatre. On peut toutefois noter la présence de frères dans les zones ou le culte est implanté, et la présence de ceux-ci au chevet des malades et des accidentés, ainsi que les célébration des enterrements. Les laïcs cristoforos peuvent être reconnus au fait qu’ils sont généralement vêtus avec des teintes plus sombre que la moyenne.

 

L’enterrement selon le rite cristoforo ressemble assez à celui selon le culte des quatre. Un banquet de funérailles est d’abord généralement donné. Le cercueil est installé dans la fosse ouverte ; chaque assistant énonce un souvenir en rapport à la mémoire du décédé, et termine par le formule « que ce souvenir allège notre chagrin » en effritant une poignée de terre au dessus de la fosse.  Ce sont les plus proches parents du défunt, puis le frère cristoforo chargé du déroulement de la cérémonie, qui prennent la parole les derniers. Une fois terminé, la fosse est simplement bouchée. Il n’y a pas de cimetière mentionné, chacun étant semble-t-il enterré sur ses terres.

 

« …et comme le porteur de fardeaux fit traverser à l’Enfant du Monde la rivière en crue de la vie, ainsi notre frère disparu a-t-il lutté toute sa vie pour aider de son mieux ses frères en humanité. Dom Félix n’était pas riche,  et il passa la plus grande partie de sa vie dans la pauvreté ; pourtant bien des gens de cette contrée ont été nourris dans ses cuisines quand l’hiver était rigoureux, et il envoyait ses hommes porter des fagots dans les chaumières quand il n’avait pas autre chose à donner. Un jour, je suis arrivé tard, après avoir visité un malade sur ses terres ; son intendant et sa cuisinière étaient couchés, alors il m’a ouvert lui-même et m’a fait réchauffer devant son feu ; puis disant que la cuisinière lui avait laissé trop à manger, il partagea sa soupe avec moi, et me coupa du pain ; et comme il n’y avait personne pour me préparer une chambre, il étendit quelques couvertures de selle devant la cheminée pour me faire un lit. Que ce souvenir allège notre chagrin ; et que le Seigneur de tous les Mondes l’accueille dans Son Royaume, et lui réserve toute la bonté qu’il a témoignée à ses frères humains quand il vivait ici-bas. »

Il fit le Signe Sacré et, du geste, indiqua aux fossoyeurs qu’ils pouvaient remplir la fosse. « Ainsi, nous qui demeurons sur cette terre, nous pouvons cesser de le pleurer pour permettre à notre frère de gagner les Royaumes Célestes sans que notre chagrin ne le trouble. Adieu. » « Il a déposé son fardeau. Adieu ! » Crièrent en cœur tous les assistants, puis ils s’éloignèrent.

[L’ombre (in l’alliance), le discours est prononcé par le frère Estefan]

 

 

Quelle influence dans les domaines ?

 

Le culte en tant que tel demeure très minoritaire dans les domaines, sans même parler des villes sèches. Il est très présent dans la région de Nevarsin et d’une façon plus générale à proximité des Hellers. Ailleurs dans les domaines, quelques familles nobles, notamment les Syrtis, sont traditionnellement rattachées au culte cristoforo, mais on peut douter que ce choix se retrouve chez les habitants de leurs terres. Le culte ne fait semble-t-il pas de prosélytisme actif, ne serait-ce que parce que les comyns ne l’accepteraient pas. Sont simplement mentionnés quelques frères prêcheurs dans les Hellers, la région dominée par le culte de Sharra.

 

Ce n’est cependant pas dans le nombre de croyants qu’il faut rechercher le cœur de l’influence des cristoforos.

 Tout d’abord, le monastère de Saint-Valentin dispose de ce qui est probablement la plus importante bibliothèque de Ténébreuse, que ce soit en volume ou par l’ancienneté et l’intérêt des ouvrages conservées. Le monastère possèderait selon certaines légendes des écrits de la main même de Saint-Valentin. Les seules autres bibliothèques d’importances étant celles des tours.

De plus les enfants Comyns ou plus généralement nobles effectuent assez souvent une période de noviciat allant de une à trois années, voir plus, au monastère. Il n’est pas besoin d’être né d’une famille adepte de la foi cristoforo pour être accepté. Durant ce séjour, les enfants apprennent à maîtriser  des valeurs de discipline, d’endurance, de maîtrise de soit, et reçoivent par ailleurs une éducation lettrée. Par dérogation permanente, ils peuvent également s’entraîner une heure par jour à l’épée. Les tours étant réservées à l’apprentissage du Laran, il s’agit de la seule possibilité d’éducation hors précepteur individuel pour les enfants comyns, ce qui peut expliquer son succès. [hors également éducation terrienne après la redécouverte, mais une telle option que concerne que quelques célèbres exceptions]. Les novices doivent en particulier apprendre à résister au froid, à la manière des frères du monastère : une épreuve connue est de devoir marcher sur une allée de galets enneigés pieds nus…

 

Les dortoirs des élèves sont l’endroit le plus froid de Ténébreuse. […] Il en est qui n’apprécieront jamais un bon lit comme il faut. Seuls ceux qui ont dormi comme nous sur la pierre en sont capables.

 (Dyan ardais, en référence à son enfance au monastère, in L’héritage d’hastur).

 

Il était de retour a Nevarsin, dans le dortoir glacial des élèves où, en hiver, la neige entrait par les persiennes et formait des petits tas sur les lits des novices (L’héritage d’Hastur)

 

 

Le culte de Saint-Valentin et l’église catholique.

 

« Maintenant, le père Cerreno était certain que les notes de Dom Raphael apporteraient la preuve indiscutable que le foi des cristoforos dérivait de celle de sa propre église [Nd : catholique], mais elles prouvaient aussi que, isolés pendant des millénaires, les cristoforos avaient dévié des enseignements fondamentaux de celle-ci. »

[L'ombre, in L'alliance]


Du vivant de Régis Hastur, le père Sébastian Cerreno, émissaire du culte catholique, est envoyé enquéter sur l’histoire de Saint-Valentin et la nature du culte cristoforo,en prélude à,une éventuelle canonisation et un « retour » des cristoforo dans la foi catholique. Son constat est sans appel : la foi des cristoforo a bien pour origine la foi catholique mais  en a largement dévié en deux millénaires. Certains sacrements sont également différents. Il n’existe en particulier pas de confession. Des signes restent, cependant : trois archanges de la mythologie cristoforo portent ainsi les noms de Rafael, Gabriel et Mickhail.

Publié dans Croyances et religions

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